Ketoubbah

Détrempe, encre et feuille d’or sur parchemin

 

Le couple se trouve placé sous l’arbre de vie qui fait office de dais nuptial (ḥouppah). Le personnage debout porte la lettre shin (qui signifie shaddaï D. Tout-Puissant). Le Judenhut, la coiffe juive médiévale, apparaît sur la branche centrale de la grande lettre shin. Selon le Talmud (Haguiga,14b), Shaddaï signifie « qui dit à Son monde assez ! » (sheamar le'olamo daï). Une interprétation midrashique en fait un acrostiche : SHomer Dlatot Israel (Celui qui garde les Portes d'Israël). C'est pourquoi ce Nom est gravé sur la mezouzah, boîtier contenant un parchemin portant un fragment du texte biblique, placé sur les linteaux des portes. Une autre interprétation rabbinique explique, à partir de la vocalisation massorétique, qu’El Shaddaï se traduit par « Celui qui se suffit par lui-même ».

Ketoubbah de Shavouot

Détrempe, encre et feuille d’or sur parchemin

 

Contrat de mariage entre Israël (la fiancée) et la Torah (D. le fiancé). Sa lecture a lieu lors de la fête de shavouot, fête du « Don de la Torah » le 6ème jour du mois de sivan.

Ce sont des hymnes basés sur les versets: « Alors, je te fiancerai à moi pour l’éternité ; tu seras ma fiancée par la droiture et la justice, par la tendresse et la bienveillance ; ma fiancée en toute loyauté, et alors tu connaîtras l’Éternel » (Osée 2 : 21-22) et « Voici, des jours vont venir, dit le Seigneur, où je conclurai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle » (Jérémie 31 : 31). La scène s’organise autour de la lettre ornementale beth, première lettre de l’alphabet hébraïque et première lettre de la Torah. L’image de la licorne apparaît au 14ème siècle. En bordure de la lettre est calligraphié un texte traditionnel (Ruth 4 : 11-12). Dans la partie supérieure est représenté le chandelier à sept branches. Un scribe (sofer), installé à son pupitre, écrit les dix commandements. Sous la ḥouppah en forme d’édicule, le fiancé passe l’anneau nuptial à l’index droit de la fiancée.

Le texte le plus largement utilisé est celui du mystique et poète de Safed Israel Najara (1550-1625). 

Le contrat est daté du sixième jour du mois de Sivan en l'an 2448 de la création, qui est traditionnellement le jour où la Torah a été donnée.

Illustration de Jonas 1 : 15 ; 2 : 1 ; 2 : 11

Détrempe, encre et feuille d’or sur parchemin

 

« Puis ils saisirent Jonas et le jetèrent à la mer » (Jonas 1 : 15) 

« L’Eternel suscita un énorme poisson, qui engloutit Jonas » (Jonas 2 : 1) 

« L’Eternel ordonna au poisson de rejeter Jonas sur la côte » (Jonas 2 : 11) 

Mizraḥ

Détrempe, encre et feuille d’or sur parchemin ajouré

 

Les juifs pratiquaient le papier découpé en Allemagne depuis le 17ème siècle. Ce travail était connu sous le nom de Scherenschnitt (travail aux ciseaux). Les papiers découpés étaient très répandus au 19ème siècle dans les communautés juives d’Europe de l’est, Pologne, Lituanie et Ukraine. Ils servaient d’ornement pour les fêtes, en particulier la fête de shavouot. C’était le Mizraḥ pour la maison et le Shiviti pour la synaguogue. Les marchands juifs eurent probablement connaissance de cette technique dès le 14ème siècle pendant leurs voyages en Extrême-Orient. Elle n’était pratiquée que par les hommes, par les élèves du heder, les étudiants de la yeshivah, les professeurs (melamedim) et leurs assistants ainsi que par les hommes âgés.

Dans ce parchemin ajouré apparaît le chandelier à sept branches menorah décrit dans Exode 25 : 31-38 ainsi que les Tables de la Loi (Ex 34 : 28 ; Dt 4 : 13) qui portent le Décalogue (Ex 20 : 2-14) complété par le verset « Je fixe constamment mes regards sur le Seigneur » (Psaumes 16 : 8). Les sept branches du chandelier sont formées par le texte du psaume 67. Au sommet des sept branches du chandelier sont écrites sur fond d’or les initiales du verset Psaumes 128 : 20 « Voici la porte de l’Éternel, les justes la franchiront ». Autour de l’étoile de David est écrit le verset « Réjouissez-vous en l’Éternel, soyez dans l’allégresse, ô justes, entonnez des chants de triomphe, vous tous, cœurs droits » (Psaumes 32 : 11). Le psaume 67 est constitué de sept fois sept mots qui le mettent en relation avec le chandelier à sept branches et recèle des "Noms" mystiques.

Deux "Noms" apparaissent au pied du chandelier. Ils se composent des lettres finales des versets. A droite "tsum" (le jeûne, l’abstinence) fin des versets 8, 7, 6 ; Il est une des trois voies possibles pour obtenir le pardon divin. A gauche "ḥakham" fin des versets 2, 3, 4 ; Un "Nom" dont la valeur numérique 65 est identique à celle du nom divin Adonaï (Seigneur).

Kimpetbrieflech, Shir Lameilesel, Shir Hamalostafeln ou Scheimestafeln.

Amulette pour chambre d’accouchée.

Détrempe, encre et feuille d’or sur parchemin

 

Ce talisman est une feuille de protection pour l’enfant et la parturiente. Il est destiné à éloigner Lilith, "la première Ève" et mère des démons, et à repousser les forces maléfiques au moment de la naissance. Il est accroché au mur de la chambre de l'accouchée. Ce tableau est appelé Scheimes­tafeln parce qu'il porte des noms divins Shem, ou encore plus souvent Schir Hamalostafeln parce que le texte de Psaume 121 : 1-8 (Quantique des degrés) qu’il contient commence par Shir ha-Maaloth. On peut lire le texte : « Dieu a détruit Satan »

 

Au-dessous figurent les noms des trois anges Seinoï, Sansenoï et Semanguelof associés à Lilith qui selon son serment sont censés protéger les nouveau-nés qui se trouveraient en leur présence. Autour de la lettre shin (le Nom divin) sont inscrits les noms des patriarches et matriarches : Adam et Ève, Abraham et Sarah, Isaac et Rebecca, Jacob et Léa.

Diplôme pour bar mitsvah

Détrempe et feuille d’or sur parchemin

 

Rabbi Eliezer ben Hyrkanos, un grand Tanna de la fin du 1er siècle et Sage du Talmud, enseigne dans le texte Bereshit Rabba que le père doit s’occuper de l’éducation de son fils jusqu’à l’âge de treize ans. Après l’appel à la Torah du jeune bar-mitsvah le père récite la bénédiction : « Béni Soit-Il celui qui m’a déchargé de la responsabilité des fautes commises par cet enfant ». Mais il rappelle aussi que ce dernier ne doit pas oublier ses parents (Prov 1 : 8) « Ecoute, mon fils, les remontrances de ton père, ne délaisse pas les instructions de ta mère ». Ecrites en lettres d’or, ces deux sentences suivent le contour du document.

Ornement pour la fête de ḥanoukkah

Détrempe, encre et feuille d’or sur parchemin

Il montre l’allumage de la bougie du huitième et dernier jour de la fête. La prière traditionnelle Hanerot Halalu encadre l’image.

Amulette cabalistique portant le tétragramme

Détrempe, encre et feuille d’or sur parchemin

El Shaddaï

Détrempe et feuille d’or sur parchemin

 

Cette amulette représente les trois archanges protecteurs cités dans les livres de Daniel et Tobie. Gabriel veut dire « Homme de Dieu », Raphaël « Dieu guérit », et Michaël « Qui est comme Dieu ». Tout au long de l’Ancien Testament, les anges sont présents pour instruire, protéger, réconforter et conduire les hommes. Le parchemin représente les trois anges portant le nom de D. (Shaddaï). Le nom Shaddaï apparaît aussi bien en combinaison avec « El » qu’indépendamment de lui. Shaddaï est utilisé 33 fois comme Nom divin dans le Livre de Job, huit fois dans les livres du Pentateuque (dont six fois précédé du théonyme El), sa première occurrence étant dans le livre de la Genèse. El-Shaddaï apparaît en particulier dans (Genèse 17 : 1 ; 28 : 3 ; 35 : 11 ; 49 : 25). Selon le livre de l'Exode, c'est le nom sous lequel Dieu est connu des patriarches Abraham, Isaac et Jacob. Dans la Septante et d'autres anciennes traductions, il est majoritairement rendu par « Dieu Tout-puissant » (en grec Pantokrátôr). En partie supérieure, le Nom divin « El » est inscrit dans la lampe éternelle (ner tamid) décrite dans Exode 27 : 20-21.

El Shaddaï

Détrempe et feuille d’or sur parchemin

 

Les trois lettres shin, daleth et yod qui forment le Nom divin Shaddaï. Elles sont ornées d’animaux.

Le roi David et sa harpe

Détrempe et feuille d’or sur parchemin

 

Le parchemin porte en hébreu le nom DAVID.

© Copyright Pierre RELKIN, PARIS, 2017